LE GRAIN DE SEL "LUZIEN"

La journaliste Dominique Poncet se pose à Saint-Jean-de-Luz pour chroniquer la vie du Festival...

 

Journaliste culture France 3 National pendant 30 ans... Désormais en roue libre, libre... ! Travaille pour Culture-tops et Atlantico. Elle a aussi un blog: "Le Grain de Sel"

www.dominiqueponcet.wordpress.com

Mardi 3 octobre

Festival International du Film de Saint-Jean-de-Luz - Jour 2

Ça a commencé sur les chapeaux de roue ce matin au Festival de Saint-Jean-de-Luz...
Premier film de la compétition"Lucky". Dans un bled paumé du Texas, quelque part près de la frontière mexicaine, le portrait d'un homme nonagénaire, dans la plénitude narquoise et philosophe de son quatrième âge déclinant...
Plans fixes, cadres parfaits, chaleur qu'on devine torride, cactus arrogants, dialogues au cordeau et interprétation cinq étoiles, emmenée par celui qui joue Lucky, le bouleversant et magnifique Harry Dean Stanton, disparu il y a quinze jours...
Dans la distribution, jouant un homme partageant son quotidien avec une tortue, David Lynch.... Hasard? Le Réalisateur de ce film venu des USA s'appelle John Carroll Lynch...,
Le public a balancé entre rires et larmes, et la projection s'est terminée par une ovation du tonnerre...
Ce soir, c'était l'avant première mondiale de "l'Échange des princesses", un film en costumes. Tiré du roman éponyme de Chantal Thomas, il raconte comment, au début du XVIIIème siècle, pour restaurer la paix entre leur deux pays, les royaumes de France et d'Espagne ont échangé leurs princesses.. Cet épisode, peu connu de l'Histoire de France (et d'Espagne) a inspiré à Marc Dugain un film passionnant, et prodigieusement somptueux (je pèse mon adverbe). Là aussi la distribution est plus que parfaite, enfants et adultes (ah! Andréa Ferreol! Ah! Lambert Wilson!)
Ce film historique sortira le 27 décembre sur les écrans, ce qui vous laisse le temps de lire le dernier ouvrage de Marc Dugain.
"Ils vont tuer Robert Kennedy", tout frais sorti des presses...
Mais il dort quand cet homme????

Lundi 2 octobre 

LE CINÉMA DE L’AVENIR

Fondus de ciné, voilà une belle suggestion : en ce morne début d’automne, pliez donc bagages et allez bivouaquer à Saint Jean-de Luz ! S’y ouvre, demain, son désormais traditionnel Festival International du Film. La raison d’être de cette manifestation?

Faire découvrir, par le biais d’une compétition, la crème des jeunes cinéastes qui, de par le monde, se lancent dans le métier. Sacrée responsabilité que celle là, de sélectionner les compétiteurs, qui exige de la part de celui qui en est chargée, regard de lynx, sagacité et perspicacité. Mais Patrick Fabre, directeur artistique du Festival, a tout ça, et même plus, puisqu’il a, chevillée au corps depuis toujours, la passion ciné...

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Jeudi 5 octobre

SAINT-JEAN-DE-LUZ ...SUITE...

Mi-temps de la compétition aujourd’hui, et l’ardeur du public ne faiblit pas. Au contraire, ça discute ferme après les projections au bar du cinéma le Select… 
Encore une journée qui aura fait naviguer les spectateurs à travers les genres cinématographiques…
Elle a débuté par la projection du "Rire de Madame Lin". Venu de Hong Kong, ce film - le premier du réalisateur chinois Zhang Tao - est un drame de la vieillesse et de l’abandon. Tourné dans un village de la province de Shandong, il raconte, sans pathos, les derniers mois d’une vieille paysanne dont personne, pas même sa progéniture, ne veut plus s’occuper. L’hospice du village étant complet, cette vieille dame va être trimbalée, comme un vulgaire paquet, à tour de rôle dans chacune des maisons de ses six enfants, qu’elle a pourtant tellement aimés. Brisée, elle va finir par être prise d’un rire inextinguible, qui ne s’arrêtera plus… Le rire, pour ne pas pleurer… C’est très beau, très âpre, très efficace, très maîtrisé, très cruel, très lent aussi. Chaque séquence accompagne un peu plus l’héroïne dans les profondeurs de sa nuit… On ne sort pas indemne de ce film là…

Deux heures plus tard, avec "Le Semeur" de Marine Francen, nous revoici en France, mais près de deux siècles en arrière, très exactement en 1852, après l’écrasement des Républicains par l’armée de Louis Napoléon Bonaparte, qui s’est traduit par des rafles d’hommes dans certaines campagnes françaises…
Après des mois passés dans un isolement total à assurer les travaux des champs sans la moindre présence masculine, Violette et les autres jeunes filles d’un petit village du haut Gard se font un serment : le premier homme qui reviendra, sera partagé entre toutes… Mais, c’est sans compter avec les tours que peuvent jouer les sentiments amoureux… Indéniablement "le Semeur" est un film riche et profond, qui, s’il exalte sans revendication ni militantisme, le courage et la dignité des femmes, montre aussi qu’ à cause des déséquilibres psychologiques qu’elles peuvent engendrer, les sociétés matriarcales sont loin d’être idéales. Le film dit aussi, que, quoiqu’on en pense, l’affirme, ou le désire, l’amour n’est pas partageur… Dans ce "Semeur", il y a donc le fond et il y a, surtout, la forme. Chaque plan enchante l’œil. Les cadrages sont minutieux, et, signée Alain Duplantier, la lumière est splendide, toute en couleurs éclaboussantes et magnifiques clairs-obscurs. Au ciné, les blés ont été rarement aussi blonds, et la campagne aussi belle. Dommage que cette attention accordée à l’esthétisme se soit faite un peu au détriment de l’émotion et de la sensualité que ce film (néanmoins très abouti) aurait dû dégager.

Pour le troisième film de la compétition, on est resté en France, mais ramené dans celle d’aujourd’hui. Signé pour le scénario et la réalisation Marie Garel Weiss, "La Fête est finie" nous fait suivre le parcours de deux jeunes filles toxicos, qui malgré leurs différences d’âge et de milieu social, vont devenir inséparables, réunies par le désir de s’en sortir, liées aussi par les démons de la défonce qui continuent de les tarauder. Espoirs, désespoirs, embardées, rechutes, rebellions, révoltes,… Le périple de ce duo là, mené dans l’allure folle de sa jeunesse, sera parsemé d’embûches… Bétonné comme celui d’un professionnel chevronné, le scénario, dense, tendu et qui respire le vécu, est porté par deux comédiennes exceptionnelles d’intensité et de justesse, Zita Hanrot, qui, en 2016 avait reçu le César du meilleur espoir féminin pour Fatima, et Clémence Boisnard dont c’est ici le premier grand rôle et dont on devine à l’incandescence de son jeu qu’il ne sera pas le dernier ! Ces deux interprètes rafleront-elles, ex-aequo, ici à Saint-Jean de Luz, le prix d’interprétation féminine ?? Réponse samedi soir…
Et d’ici là…d’autres voyages…

Mercredi 4 octobre

Deuxième jour de Festival à Saint-Jean-de Luz…


Le « patron » Patrick Fabre était content : malgré le retour du soleil et de la chaleur, les salles de cinéma ont affiché complet…
Et d’abord le matin , après Zombillénium d’Arthur de Pins et Alexis Ducord, un dessin animé plein de zombies rigolos pour les enfants (hors compétition), on a projeté L’Enfant de Goa. Surprise : ce long métrage, le premier du jeune réalisateur indien Miransha Naik, est loin, très loin même des fastes, des ors et du kitsch de la plupart des films venus de Bombay. Il nous fait découvrir, à travers le portrait très sensible d’un jeune écolier, comment dans ce village de Goa, les travailleurs issus d’autres Etats de l’Inde sont condamnés à vivre sous le joug implacable des indigènes, sans aucun autre droit que celui d’être condamnés à la soumission et l’extrême pauvreté. Passé le choc du dépaysement, et malgré la maladresse des comédiens (pour la plupart non-professionnels), il est difficile d’échapper à l’émotion que dégage ce film fictionnel aux allures de documentaire. Sous le choc de cette révélation d’une population réduite à ce qu’on pourrait appeler de l’esclavagisme moderne, le public a d’ailleurs réservé à cet Enfant de Goa un accueil très chaleureux (sortie le 24 janvier 2018)…

Hop ! Changement de ton, et de propos, et retour en France avec Diane a les épaules de Fabien Gorgeart. Jeune femme de son temps, Diane, la trentaine sympathique, fantasque et rebelle a accepté de porter un enfant pour Thomas et Jacques, ses meilleurs amis. C’est aux péripéties des mois de sa grossesse, auxquels on va assister. On va voir Diane passer de l’insouciance joyeuse à plus de gravité, au fur et à mesure que le futur bébé prendra davantage de place dans son ventre. Ce qui n’empêchera pas la jeune femme de tomber amoureuse… Et puis, il y aura, au bout de huit mois seulement, l’arrivée de cet enfant dont elle va devoir se séparer… Cette séparation, comme un arrachement, l’atteindra plus qu’elle ne pensait. Porté par une Clotilde Hesme, étourdissante de légèreté et de drôlerie, ce Diane a les épaules, en forme de chronique, a emballé. Scénario, direction d’acteurs et réalisation… Tout est abouti, maitrisé. On se croirait, pour le naturalisme poétique et la beauté des cadres et de la photo dans un film des frères Larrieu… C’est tout dire!

Et pour clôre cette journée, un second premier film français. Arrivé bardé de prix prestigieux dont le Lion d’Argent de la mise en scène à Venise, et donc précédé d’un formidable bouche à oreille, Jusqu’à la garde, de Xavier Legrand.. C’est peu de dire que ce film sur un drame de violence conjugale a impressionné. C’est un film choc, qu’on reçoit comme un coup de poing à l’estomac et qui coupe le souffle. Il est joué magistralement par Léa Drucker, ici une femme soldat, à la fois d’un courage fou et pétrifiée de terreur, et par Denis Ménochet, en père de famille indigne, manipulateur, comme un bloc de violence, mais qui, de temps à autre, se lézarde de douceur. 
Sans jouer les Cassandre, il paraît improbable que ce drame implacable reparte sans récompense du Festival.

PROJECTION
CINEMA LE SELECT

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